Société

L’AUTRE MOITIÉ DE L’HUMANITÉ EST UNE MINORITÉ

J’ai cherché quoi dire en introduction. Je n’ai rien trouvé. Alors entrons tout de suite dans le vif du sujet.

La Minorité  En Sociologie

Le terme minorité signifie discrimination dans son utilisation sociologique. Corrélativement, le terme groupe subordonné peut être utilisé de façon interchangeable avec le terme minorité.

Un groupe minoritaire désigne une catégorie de personnes désavantagées au profit des membres d’un groupe dominant. L’appartenance à un groupe minoritaire est généralement fondée sur des différences dans les caractéristiques ou les pratiques observables, telles que le genre, l’ethnicité, la race, la religion, l’orientation sexuelle, le handicap ou simplement les idéologies.

Il est important de noter qu’une personne peut simultanément être membre de plusieurs groupes minoritaires, c’est l’intersectionnalité. Un exemple des plus répandus est celui de la femme Noire. Dans Double Jeopardy: To Be Black and Female   écrit en 1969, Frances M. Beal explique l’exploitation économique des femmes Noires, la politique enclavant les libertés des femmes Noires, mais surtout, le silence des féministes Blanches sur le sort des féministes Noires. Ce qu’on pardonnerait à un homme Noir ou à une femme Blanche, on ne le pardonnerait pas à une femme Noire.

Frances M. Beal, Archives.

Parallèlement, des individus peuvent faire partie d’un groupe minoritaire considérant certaines caractéristiques, et être également membres d’un groupe dominant par rapport à d’autres. Par exemple, la femme Blanche qui fait partie de la race dominante et en même temps du groupe des « sexes faibles ». Il y a cette époque où les femmes Blanches pouvaient posséder des esclaves Noirs, hommes et femmes, mais étaient sous tutelle des hommes Blancs dans une société dirigée essentiellement par ces derniers.

Faire partie d’un groupe minoritaire en termes de nombre n’est pas une caractéristique pour être une minorité. Parfois de grands groupes peuvent être considérés comme des minorités en raison de leur manque de pouvoir. C’est le manque de pouvoir qui définit un groupe subordonné. Pendant l’apartheid en Afrique du Sud, une majorité en nombre (les habitants Noirs) a été exploitée et opprimée par la minorité Blanche.

Alors il ne s’agit pas tellement du nombre mais de la discrimination fondée sur certaines caractéristiques extérieures et du pouvoir que les groupes détiennent ou pas.

Femme, La Minorité Politique

Regardons en arrière et observons la place que la femme avait dans la société lorsqu’elle ne représentait absolument rien sur l’échiquier politique des États. Aujourd’hui, l’implication des femmes dans les instances de décision a prouvé  que la représentation politique permet de changer la condition d’un groupe. Car s’introduire dans un système est le premier pas pour partager voire imposer ses idées.

Mais des décennies plus tard, les résultats ne sont pas si fameux. On se demande pourquoi les discriminations envers les femmes persistent. Mais l’existence juridique, le droit de vote ou encore la liberté de conduire ne suffisent pas. Comment le pouvoir s’assure-t-il que cette quasi-majorité en termes de nombre n’est pas réduite à la subordination? Difficile de statuer sur cette question quand on connait les chiffres des Nations Unies sur la représentation politique des femmes dans le monde :

  • Seulement 24,3% de tous les parlementaires nationaux étaient des femmes en février 2019, une lente augmentation par rapport aux 11,3% en 1995.
  • En juin 2019, 11 femmes étaient chefs d’État et 12 chefs de gouvernement.
  • Le Rwanda a le plus grand nombre de femmes parlementaires dans le monde. Les femmes ont remporté 61,3% des sièges à la chambre basse.
  • À l’échelle mondiale, il y a 27 États où les femmes représentent moins de 10 % des parlementaires dans les chambres individuelles ou basses, en février 2019, dont 3 chambres sans aucune femme.
  • En janvier 2019, seulement 20,7 % des ministres du gouvernement étaient des femmes; les cinq portefeuilles les plus couramment détenus par les femmes ministres sont : Les Affaires sociales; suivi de Famille/Enfants/Jeunes/ Environnement/Ressources naturelles/Energie; Emploi/Travail/Formation professionnelle/ Commerce/Industrie.

Parfois, j’aime dire que les droits ne se donnent pas. Ils s’arrachent. Ils s’arrachent des mains de ceux qui détiennent le pouvoir. Et le pouvoir lui-même se partage. Je ne crois pas en la bonne foi du dominant. Le pouvoir sert le dominant. Il ne renoncera à son privilège que si on l’y force.Un peu plus de 3,8 milliards de femmes. Il est plus que temps de s’engager, de se soutenir, de forcer le pouvoir. Car le monde de demain en dépend.

Cependant, en écrivant cet article, je me suis fortement questionnée sur l’intersectionnalité dans le féminisme. Nous sommes toutes liées par le genre mais très souvent divisées par d’autres facteurs comme la religion et la race. L’intersectionnalité nous maintiendrait-elle dans une spirale où nous sommes vouées à nous battre les unes contre les autres ? Ou alors, si elle était bien appréhendée et comprise, nous mènerait-elle vers une universalité du féminisme à travers le respect des différences des unes et des autres ? Un sujet intéressant à développer dans un autre article ou un podcast, pourquoi pas.

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