Société

FEMMES RURALES: COURAGEUSES OU RÉSIGNÉES?

Si vous avez mangé aujourd’hui, alors sachez qu’il y a de très grandes chances que vos aliments aient été produits par la force des mains de ces femmes qui sont les grandes oubliées du développement : les femmes rurales.

Les femmes des zones rurales représentent plus des ¼ de la population mondiale, soit près de 2 milliards de petits êtres humains avec les chromosomes XX. Les régions rurales riment très souvent avec pauvreté principalement dans les pays en voie de développement. Dans le monde, 43% de la main d’oeuvre agricole est constituée de femmes rurales.  En Côte d’Ivoire, elles représentent 67% de cette main d’œuvre agricole et assurent 60 à 80 % de la production alimentaire (2018). Sur elles, repose la sécurité alimentaire de millions de personnes. Ces femmes qui selon les traditions les plus répandues surtout en Afrique, ne sont pas autorisées à posséder des terres sont celles qui contribuent significativement à l’acquisition des biens dans la famille et à l’équilibre des communautés.

Production, préparation et transformation dans les conditions les plus archaïques imaginables, techniques traditionnelles, sans mécanisation, sans intrants importants, sans accompagnement financier, elles se doivent de produire les matières premières nécessaires à l’alimentation et la survie de leur famille, de leur communauté et du reste du monde.

Leurs activités économiques très peu reconnues nourrissent le monde et participent à la balance de la structure sociale. Cependant, elles font parties des plus pauvres et des plus marginalisés. En Côte d’Ivoire, 75% des femmes rurales vivent sous le seuil de pauvreté (2018). Elles sont aussi les plus touchées par l’analphabétisme avec des taux avoisinant les 80%.

Je ne parlerai pas des obligations domestiques qui font d’elles les garantes de l’éducation des enfants et l’entretien complet du cadre de vie. On y reviendra dans un autre article. Pour le moment, restons concentrés sur leurs conditions de travail.

L’acquisition de la terre et le partage des superficies mais aussi, la main d’œuvre, les machines permettant des cultures intensives et moins contraignantes physiquement sont des moyens difficilement accessibles à une femme. L’exploitation masculine et l’exploitation féminine dans les zones rurales ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes disons-le. Car le genre reste un facteur très important et déterminant pour les conditions de travail car influant sur l’accès aux ressources naturelles et productives.

On ne peut continuer de nourrir le monde en comptant uniquement sur les petites mains et le sang de centaines de millions de femmes extrêmement pauvres qui souffrent moralement et physiquement. Les pays Africains gagneraient tout à apporter des solutions aux problèmes des femmes rurales.  L’accès aux ressources pour faciliter et accélérer le travail contribuera à l’autosuffisance des pays, à la réduction voire l’éradication de la faim et de la pauvreté.

Aujourd’hui, ce dont les femmes rurales ont besoin, c’est que nous tournions nos regards vers elles, nous qui consommons les fruits de leurs mains quotidiennement. Elles ont besoin d’être déchargées du poids de la tradition qui fait d’elle des productrices sans être des propriétaires. Elles ont besoin de notre soutient pour mécaniser leurs efforts. Elles ont besoin de financement et d’intrants significatifs. Elles ont besoin d’éducation et de formation aux techniques agricoles poussées, en comptabilité simplifiée et en gestion générale. Elles ont droit à la terre. Elles ont droit à l’éducation. Elle ont droit à des conditions de travail décentes. Elles ont droit à une vie de suffisance, loin de la souffrance.

Les femmes accomplissent 66% du travail mondial, produisent 50% de la nourriture, mais ne perçoivent que 10% des revenus. Beaucoup voient en ces femmes du courage. Mais il n’y a pas que du courage. Il y a surtout une résignation sourde. Elles vivent selon le sort que leur a réservé la société. Elles n’ont pas un large éventail de choix. Elles sont résignées. Parce qu’il n’y a pas d’issue. Il est temps pour nous de penser à un développement inclusif. Car aucune avancée ne peut être effective tant qu’on sera en train d’ignorer la moitié des nôtres.

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